On prépare un planning prévisionnel pour 2026, on lance un calcul de forfait jours ou on paramètre un logiciel de paie, et la première question qui tombe : combien de jours travaillés cette année ? Le chiffre brut ne suffit pas. Ce qui compte, c’est de savoir comment il s’articule avec l’annualisation du temps de travail et le décompte des congés payés, deux mécanismes qui modifient concrètement vos comptes.
Jours travaillés 2026 : le calcul que les outils de paie ne font pas tout seuls
En 2026, on compte 252 jours ouvrés (du lundi au vendredi, jours fériés chômés déduits). C’est le point de départ, pas le résultat final.
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Le piège classique : prendre ce chiffre tel quel pour dimensionner un forfait jours ou calculer un volume d’heures annualisé. Un salarié en forfait jours standard travaille dans la limite fixée par son accord collectif, souvent autour de 218 jours. Pour passer de 252 à ce plafond, on doit retrancher les congés payés légaux et les jours de repos supplémentaires (JRS).
Concrètement, voici les postes à déduire des 252 jours ouvrés pour obtenir le nombre de jours réellement travaillés :
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- Les 25 jours ouvrés de congés payés légaux (ou le volume prévu par votre convention collective si elle est plus favorable)
- Les JRS, dont le nombre varie chaque année en fonction du positionnement des jours fériés dans la semaine
- Les éventuels jours de congés conventionnels supplémentaires (ancienneté, fractionnement)
Le nombre de JRS pour 2026 dépend directement du nombre de jours fériés tombant sur un jour ouvré. Chaque année, ce chiffre change, et c’est lui qui fait varier le compteur final. On ne peut pas copier-coller le calcul de 2025.

Annualisation du temps de travail en 2026 : ce que le volume de 1 607 heures implique au quotidien
L’annualisation du temps de travail repose sur un principe simple : lisser la durée du travail sur 12 mois plutôt que raisonner semaine par semaine. La durée légale annuelle de référence pour un temps plein reste fixée à 1 607 heures.
Ce volume de 1 607 heures intègre déjà la journée de solidarité. On le divise par le nombre de semaines effectivement travaillées pour obtenir la durée hebdomadaire moyenne. En pratique, les entreprises à activité saisonnière ou cyclique programment des semaines à 40 heures ou plus en période haute, compensées par des semaines à 28 ou 30 heures en période basse.
Conditions de mise en place
L’annualisation ne peut être instaurée que par un accord collectif ou une convention d’entreprise. L’employeur ne peut pas la décider seul. Cet accord doit préciser plusieurs éléments opérationnels :
- La période de référence retenue (année civile, exercice comptable ou autre période de 12 mois)
- Les délais de prévenance pour modifier les horaires des salariés
- Les conditions de déclenchement et de rémunération des heures supplémentaires, calculées en fin de période
- Le respect des repos obligatoires : 11 heures consécutives par jour, 35 heures consécutives par semaine
Les heures supplémentaires ne se décomptent qu’en fin de période annuelle, pas semaine par semaine. C’est un point que beaucoup de gestionnaires de paie découvrent après coup : une semaine à 42 heures ne génère pas automatiquement des heures supplémentaires si le total annuel reste sous les 1 607 heures.
Report des congés payés et annualisation : un levier méconnu pour 2026
La plupart des articles sur le nombre de jours travaillés s’arrêtent au calcul brut. Ils n’abordent pas une conséquence directe de l’annualisation sur la gestion des congés.
Quand l’entreprise fonctionne en temps de travail annualisé, un accord peut prévoir un report des congés payés au-delà de la date butoir du 31 mai. L’article L3141-22 du Code du travail autorise ce mécanisme : un accord d’entreprise, d’établissement ou de branche peut organiser un report jusqu’à la fin de l’année suivante.
Pour les comptes de jours 2026, cette possibilité change la donne. Un salarié qui n’a pas soldé ses congés au 31 mai 2026 peut, si l’accord le prévoit, les reporter sur la seconde moitié de l’année. Le nombre de jours effectivement travaillés entre juin et décembre s’en trouve modifié, et le planning prévisionnel doit en tenir compte.

Forfait jours et JRS 2026 : ne pas confondre avec les RTT
On entend souvent parler de « RTT » pour les cadres au forfait jours. Le terme est techniquement incorrect. Les cadres au forfait jours bénéficient de JRS, pas de RTT. La distinction n’est pas seulement sémantique : elle a des conséquences sur le régime applicable.
Les RTT découlent d’un dispositif de réduction du temps de travail hebdomadaire (passer de 39 à 35 heures par exemple, avec compensation en jours de repos). Les JRS, eux, résultent du calcul annuel propre au forfait jours : on part des 365 jours de l’année, on retranche les week-ends, les jours fériés chômés tombant sur un jour ouvré, les congés payés, et on compare le résultat au plafond du forfait.
En 2026, le nombre de JRS dépend du positionnement exact des jours fériés. Les retours varient sur ce point selon les conventions collectives, car certaines prévoient des plafonds de forfait inférieurs à 218 jours. Vérifier son accord de branche avant de fixer le compteur reste la seule méthode fiable.
Vérification pratique des comptes annuels de temps de travail
Au moment de boucler un exercice ou de paramétrer un outil RH pour 2026, trois vérifications permettent d’éviter les erreurs récurrentes. D’abord, comparer le nombre de jours ouvrés mois par mois plutôt que de raisonner sur un total annuel global : un mois comme mai, chargé en jours fériés, réduit la capacité de travail et impacte les plannings de production.
Ensuite, recalculer le volume d’heures annualisé en tenant compte des congés réellement pris (et non des congés théoriques). Un salarié qui reporte des congés au second semestre modifie la répartition des heures sur la période.
Enfin, documenter le calcul des JRS dans une note interne ou un tableau annexé au bulletin de paie. En cas de contrôle ou de litige prud’homal, c’est cette traçabilité qui fait la différence. Le calcul du nombre de jours travaillés en 2026 n’a de valeur que s’il est raccroché à l’accord collectif applicable et mis à jour à chaque changement de situation individuelle.

