Que vous envisagiez de céder votre société ou que vous soyez simplement curieux de sa valeur réelle, une chose s’impose : procéder à une valorisation financière sérieuse. C’est le seul moyen d’avoir une estimation concrète de ce que vaut votre entreprise sur le marché. Mais que recouvre exactement cette démarche ?
La valeur d’une entreprise
La valeur d’une entreprise, c’est bien plus qu’un simple chiffre inscrit sur un bilan : il s’agit de la valeur financière d’une société, mais aussi de sa capacité à générer des profits, aujourd’hui comme demain. Pour se livrer à cet exercice, il faut regarder dans le rétroviseur, faire le point sur le présent et se projeter vers l’avenir. Voici les paramètres à examiner de près :
- La situation antérieure de la société
- Sa situation actuelle
- Les prévisions concernant son évolution future
L’importance de la valorisation d’une entreprise
Évaluer sa société, c’est se donner des leviers lors des négociations. Celui ou celle qui souhaite vendre peut alors fixer une fourchette de prix cohérente, du minimum acceptable au plafond espéré. Avec des chiffres solides, il ou elle peut proposer un montant d’achat basé sur des faits, un atout précieux face aux acheteurs exigeants.
Ce n’est pas tout. Lorsqu’il s’agit de lever des fonds, connaître la valeur de l’entreprise permet aux investisseurs, partenaires ou donateurs potentiels de déterminer le montant qu’ils sont prêts à engager. Chaque acteur sait à quoi s’en tenir, chacun avance avec une vision claire. Reste à choisir la méthode adaptée parmi celles qui existent.
La valorisation patrimoniale
La valorisation patrimoniale vise à estimer la valeur du patrimoine de l’entreprise, en englobant tous ses biens et ses dettes. La méthode de l’actif net corrigé s’impose souvent pour ce type d’estimation. Le principe : partir du dernier bilan comptable, où sont listés biens et dettes, puis ajuster les données pour qu’elles reflètent la conjoncture actuelle. Un simple calcul comptable ne suffirait pas ; il faut tenir compte de la réalité économique du moment.
Valorisation fondée sur la rentabilité : la méthode du multiple de résultat
Autre approche : l’évaluation par le biais d’un multiple de résultat. Ici, la rentabilité devient le cœur du sujet. Plusieurs indicateurs peuvent servir de base :
- Le chiffre d’affaires
- Le résultat net
- Le résultat d’exploitation
- L’excédent brut d’exploitation
- La marge brute d’autofinancement
En pratique, les trois premiers, chiffre d’affaires, résultat net et excédent brut d’exploitation, sont les plus couramment utilisés pour estimer la valeur d’une société.
Le calcul du multiple
Pour déterminer le fameux multiple, il faut mettre en regard le passif de l’entreprise et sa trésorerie, puis appliquer un coefficient spécifique au secteur d’activité. Ce calcul peut aussi reposer sur des projections de rentabilité, si les données futures sont jugées fiables.
Évaluer la société par la méthode des flux de trésorerie
Autre possibilité : recourir à la méthode des flux de trésorerie prévisionnels. Ici, la valorisation s’appuie sur la somme des cash-flows attendus au fil des prochaines années. Ce mode de calcul, plus dynamique, met l’accent sur la capacité de l’entreprise à générer des ressources dans le temps.
Calculer les flux de trésorerie sur plusieurs années
Concrètement, il s’agit d’additionner les résultats d’exploitation nets et les dotations aux amortissements et provisions, puis de retrancher les amortissements d’exploitation ainsi que les besoins en fonds de roulement et en investissement. Pour clarifier, voici les étapes à suivre :
- Commencer par additionner l’ensemble des résultats d’exploitation nets et les dotations aux amortissements et provisions
- Les dotations aux amortissements correspondent à la baisse de valeur des biens détenus par l’entreprise
- Les provisions couvrent les dettes anticipées liées aux coûts d’exploitation
- Retirer ensuite les amortissements d’exploitation ainsi que les besoins en fonds de roulement et d’investissement
Anticiper les cash-flows
Ce mode de calcul demande une vraie coopération entre le vendeur et l’acheteur : il faut se mettre d’accord sur les prévisions d’exploitation, sur les besoins en fonds de roulement, sur les amortissements et les provisions. Un taux d’actualisation peut s’appliquer, tenant compte des anticipations en matière d’inflation et de taux d’intérêt.
Quelle méthode choisir pour évaluer sa société ?
Les différentes méthodes d’estimation ne mènent pas toutes au même résultat. Par exemple, la valorisation patrimoniale aboutit souvent à une valeur plus élevée que celle obtenue via la méthode des flux actualisés, car elle inclut la réévaluation des actifs. Mais il convient aussi de surveiller la concurrence et la position de l’entreprise sur son marché : dans certains cas, les tendances s’inversent et la méthode des flux de trésorerie peut s’avérer plus adaptée. À chaque situation sa logique, à chaque entreprise sa vérité comptable.
Évaluer la valeur d’une société, c’est entrer dans un jeu d’équilibristes où chaque méthode jette sa lumière, et ses zones d’ombre. L’essentiel, c’est de ne pas avancer les yeux fermés : la nuance, la vigilance et la lucidité font la différence entre une estimation subie et une valeur maîtrisée.


